Par Rodrigue Haché, Président, Comité de Gestion Environnementale de la Rivière Pokemouche (CGERP)

J’ai lu et suivi, avec grand intérêt, tous les articles et commentaires faits depuis quelque temps, par divers intervenants et intervenantes, au sujet des préoccupations majeures suscitées par les bleuetières au Camp d’Armée, sur le territoire de la municipalité de Tracadie.

Ces préoccupations s’étendent au niveau de tous les membres du Comité de gestion environnemental de la rivière Pokemouche.

En début d’année, nous avons élaboré un nouveau plan stratégique de cinq ans (2024-2028), le troisième depuis 2014, avec l’aide d’une consultante experte dans ce genre de dossier et la participation de tous nos membres.

Notre mandat s’étend aux trois rivières qui ont leur source au même endroit, soit à la jonction des trois rivières Caraquet, Tracadie et Pokemouche, entre Saint-Sauveur, Butte d’Or et Val-Doucet.

Nous sommes un comité qui existe depuis 2002, et qui a toujours été très actif pour la préservation de la qualité de l’eau et des zones riveraines de notre belle rivière.

La rivière Caraquet a également son comité environnemental. Malheureusement, le comité qui existait au niveau de la municipalité de Tracadie et de la rivière du même nom n’existe plus depuis plusieurs années.

Donc, vous comprendrez que nos préoccupations sont, pour beaucoup, axées sur les impacts des bleuetières existantes autour et près de la source de ces trois rivières.

La tête de la rivière Pokemouche (à la source et le long de ses rives) a perdu environ cinq kilomètres carrés (500 hectares, 1200 acres) de forêt depuis quelques années, avec la venue de ces bleuetières.

Nous n’avons eu très peu de commentaires et de réactions des protecteurs de nos forêts, et de l’environnement, lors de la destruction de ces acres de forêts. Or, nous savons que les pesticides utilisés en agriculture peuvent se retrouver dans l’eau des rivières sous certaines conditions.

Hélas, le sujet est encore mal connu en ce qui concerne spécifiquement la culture du bleuet au Nouveau-Brunswick. En tant que comité voué à la protection du bassin versant de la rivière Pokemouche, nous demandons au gouvernement d’être tenus au courant des scénarios futurs de déboisement du territoire.

Nous ne faisons pas de « petites politiques de clocher ». En réponse à Ginette Saulnier (Opinion du lecteur, Acadie Nouvelle du 18 décembre), nous vous informons que les municipalités des Hautes-Terres et Caraquet ont déjà répondu positivement à notre demande d’appui financier. Cependant, la Ville de Tracadie a décliné notre demande, même si la source de la rivière Tracadie est entourée de bleuetières et sujette à des retombées directes des produits épandus tout le long des berges de la rivière Tracadie.

Nous attendons une réponse de la municipalité de Shippagan d’ici le début février.

De plus, une rencontre est prévue le 13 janvier avec les deux ministres et les deux députés provinciaux nouvellement élus dans notre région. Nous avons, là aussi, un intérêt marqué et un très grand appui de leur part.

Nous prévoyons aussi rencontrer le député fédéral au début de l’année 2025, afin de leur faire part de notre Plan stratégique 2024-2028.

Nous exhortons donc toutes les municipalités, les organismes concernés, les résidents et la population en général à parler d’une seule voix en demandant qu’on mette les ressources nécessaires pour mieux faire connaître les impacts de la culture du bleuet sur les écosystèmes aquatiques et terrestres.

Je préconiserais qu’un comité régional de la Péninsule acadienne, regroupant tous les organismes et les militants, soit mis sur pied afin de parler d’une seule voix forte auprès des autorités gouvernementales, et autres.

Le CGERP continuera à surveiller la santé de la rivière Pokemouche, et des deux autres rivières concernées, et les projets qui pourraient les altérer.

Cet article a été publié à l'origine dans l'Acadie Nouvelle le 9 janvier 2025.
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